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La nanotechnologie, qu'est-ce que c'est ?
Technologie

La nanotechnologie, qu’est-ce que c’est ?

Selon ses plus fervents partisans, la nanotechnologie pourrait être à l’origine de l’une des plus grandes avancées technologique de l’humanité. Elle est l’équivalent de la révolution industrielle, mais sur une durée beaucoup plus courte. Les premiers fondements de la nanotechnologie sont posés par Richard Feynman. Ce dernier envisage en 1959 la possibilité de stocker sur une tête d’épingle les 24 volumes de l’Encyclopædia Britannica. Le futur prix Nobel annonce ainsi les formidables possibilités offertes par l’échelle nanométrique. Petite exploration du domaine actuel et des futurs possibles.

La technologie nanométrique

Depuis des décennies, on assiste à une miniaturisation de plus en plus poussée des instruments technologiques. En 1946, l’un des premiers calculateurs, l’ENIAC, pesait 30 tonnes et effectuait 100 000 additions à la seconde. Aujourd’hui, il ne faut que quelques grammes pour des résultats bien supérieurs. Cette miniaturisation atteint désormais l’échelle nanométrique et c’est donc « tout naturellement » qu’on parle de nanotechnologie.

Dernièrement, Hewlett-Packard annonçait être en mesure de remplacer les transistors par un dispositif de quelques nanomètres. Si l’on parle ici de nanotechnologie, c’est tout simplement en raison de l’échelle minuscule des processus.

Nanotechnologie & nanobiotiques

Mais la nanotechnologie ne concerne pas seulement l’électronique ou les matériaux. La médecine s’y intéresse également de très près. Ainsi, pour détruire des cellules cancéreuses, certaines nanoparticules sont capables de repérer précisément les cellules malades, de les infiltrer grâce à leur taille minuscule et enfin de les détruire : elles agissent en vrais chevaux de Troie cellulaires !

L’énorme avantage d’une telle approche est que l’on est ainsi capable de cibler précisément les cellules cancéreuses, sans toucher aux cellules saines. Ce qui est impossible avec les procédés actuels comme la chimiothérapie.

Ce type de traitement « localisé » a été testé sur des souris mais ne devrait pas être appliqué à l’être humain avant deux ans. Il pourrait devenir, dans une dizaine d’années, le standard en matière de cancérologie.

L’ingénierie moléculaire

On l’a vu, le terme nanotechnologie concerne des applications d’ores et déjà très concrètes. L’ingénierie moléculaire, bien que très active, en demeure quant à elle au stade théorique. Le principe en est assez simple : il s’agit de fabriquer des systèmes mécaniques et/ou chimiques capables d’assembler des molécules pour construire, sous la supervision d’ordinateurs, à peu près tout ce que l’on veut. Selon ses partisans, cet assemblage serait rapide, précis, fiable, et peu coûteux ! Selon ses détracteurs, il est tout simplement irréalisable.

Mais les perspectives sont particulièrement grisantes. Cela va des « respirocytes » — sortes de globules rouges artificiels, grâce auxquels on pourrait retenir sa respiration pendant quatre heures — jusqu’au « brouillard fonctionnel », un assemblage de nanorobots articulés, capable de prendre l’apparence de n’importe quel objet : meuble sur mesure, avatar virtuel parfaitement réaliste, etc. Mais ces développements ne sont que théoriques et les spécialistes estiment qu’il faudra entre cinq et trente ans pour en voir les premiers effets.

L’ascenseur spatial : une exemple concret de nanotechnologie

Finissons sur un exemple spectaculaire, celui de l’ascenseur spatial : imaginez un ascenceur de 60 000 km de haut, qui nous emmenerait directement dans l’espace ! Eh bien désormais, grâce aux nanotubes de carbone — extrêmement légers et 100 fois plus résistants que de l’acier –, ce rêve fou est considéré comme scientifiquement crédible (voir schéma ci-contre).

Le projet pourrait même être économiquement rentable au bout d’une grosse dizaine d’années, selon la NASA ! En effet, comparé aux fusées traditionnelles, le prix d’utilisation serait extrêmement faible.

Question nano, les risques sont nombreux, et beaucoup de personnes craignent des dérives, mais une chose semble aujourd’hui certaine, les sciences de demain se feront avec le monde du nano.